On va être directs : pendant que tout le monde se bat pour du 3,5% de rendement à Lille ou pleure sur Paris, il y a un territoire où l'on peut encore faire du 7-8% brut avec une sécurité béton. Dunkerque. Et non, ce n'est pas du marketing territorial.
Nous sommes 2025. Dans les 18 prochains mois, deux gigafactories de batteries vont sortir de terre. ProLogium y investit 5,2 milliards d'euros. Verkor, 1,5 milliard. Deux nouveaux réacteurs EPR2 vont mobiliser 8 000 personnes simultanément sur le chantier. Au total : 24 000 emplois nouveaux d'ici 2030.
24 000.
C'est plus que toute la création d'emplois des Hauts-de-France réunis sur une décennie normale. Sauf qu'ici, c'est concentré sur un bassin de 250 000 habitants où les prix immobiliers tournent encore autour de 2 000€/m².
Prenons les faits bruts. Prix moyen d'achat : 2 070€/m². Loyer moyen : 12€/m² mensuel. Rendement brut : 6.6% en moyennant large. À Lille : 3 600€/m² pour 4% de rendement.
Mais le plus juteux n'est pas là. C'est dans le différentiel de demande qui s'annonce.
20 000 nouveaux habitants vont débarquer d'ici 2030. Le stock de logements supplémentaires programmés ? 2 000. On n'a pas besoin d'un MBA pour comprendre l'équation. La tension locative qui se profile n'a rien à voir avec les zones tendues administratives de Paris. C'est de la pénurie pure.
Les premiers signaux sont déjà là. Un T3 correct part en moins d'une semaine. Les agents immobiliers locaux parlent de "marché tendu" - un terme qu'on n'avait pas entendu à Dunkerque depuis... jamais. Certains cadres de Verkor acceptent des surloyers payés par leur boîte.
Chez nous, on regarde d'abord qui va payer le loyer. Et là, le casting s'améliore drastiquement.
Les ingénieurs ProLogium qui arrivent de Taïwan cherchent du meublé clé-en-main. Budget confortable, mission longue durée. Les techniciens batteries embauchés en CDI à 2 300€ nets ont un profil de locataires idéal. Les milliers d'ouvriers spécialisés du chantier EPR vont alimenter le marché de la colocation et du meublé court terme.
Cette nouvelle sociologie dunkerquoise ressemble à un mix parfait pour l'investisseur : des profils solvables, mobiles (donc prêts à payer un premium pour du service), et massivement demandeurs.
Mieux : Dunkerque n'est pas en zone tendue juridiquement. Aucun plafonnement de loyer. Préavis de 3 mois au lieu d'un. L'investisseur peut ajuster ses tarifs librement à chaque relocation.
Malo-les-Bains : Le Deauville du Nord en devenir. Prix encore autour de 2 300€/m² mais demande explosive des cadres qui veulent du bord de mer. Potentiel double : location à l'année pour les expats, saisonnière l'été pour les Belges. On peut viser 8-10% brut en mixant les deux.
Centre-ville : C'est là que se concentrent tous les nouveaux arrivants initialement. Beaucoup d'immeubles années 60-70 à rénover autour de 2 000€/m². Une fois remis à neuf, ils se différencient immédiatement de 80% de l'offre locale vieillissante. La demande de meublé prêt à vivre explose déjà.
Banlieues résidentielles (Coudekerque-Branche, Téteghem) : Prix inférieurs de 10-15% à Dunkerque intra-muros, mais loyers équivalents. Des maisons à 150 000€ qui se louent 800€, soit plus de 6% brut sans forcer. Bus gratuits obligent, la distance n'est plus un frein.
Attention : tout ne sera pas rose éternellement. Vers 2035, une partie des emplois du chantier EPR va disparaître (fin des travaux). Il faut éviter de bâtir un modèle viable uniquement sur des travailleurs temporaires.
L'astuce : viser des actifs attractifs pour la population résidente long terme. Les 18 000 emplois pérennes (batteries, port, nucléaire en fonctionnement) maintiendront la demande même post-chantier.
Éviter aussi les copropriétés dégradées et les quartiers trop enclavés. Dunkerque a ses poches de pauvreté (24% de taux de pauvreté), mais avec un minimum de discernement géographique, on peut largement les contourner.
Ce qui nous convainc, c'est l'alignement des planètes. L'État pousse à fond (France 2030, plus de 2 milliards de subventions déjà engagées). Les collectivités jouent le jeu (transports gratuits, rénovation urbaine). Les entreprises investissent du capital patient (ProLogium engage 5,2 milliards sur 10 ans).
Cette convergence d'intérêts crée un effet de cliquet : même si un projet déraille, les autres maintiennent la dynamique. ArcelorMittal peut tousser, EDF compense. Une gigafactory peut ralentir, l'autre accélère.
Surtout, Dunkerque cumule les avantages du premier de cordée : les prix n'ont pas encore flambé (+23% en 5 ans, c'est significatif mais pas délirant), la concurrence investisseur reste faible, et la réglementation avantageuse.
Dans 3-4 ans, quand tous les médias économiques écriront sur le miracle dunkerquois et que les premiers fonds commenceront à se positionner, il sera trop tard pour entrer à ces conditions.
L'opportunité, c'est maintenant. Pendant que l'immobilier parisien traverse sa crise existentielle et que Lille stagne à 4% de rendement, Dunkerque offre le combo rare : forte rentabilité, croissance soutenue, risques maîtrisés par la sous-évaluation initiale.
Un territoire sous-coté en plein essor, adossé à des projets structurants garantissant une demande locative exponentielle. Le genre d'asymétrie qu'on ne voit que tous les 10-15 ans sur un marché immobilier.
Ceux qui savent lire entre les lignes des investissements industriels l'ont déjà compris.